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analyse Financière
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Écrit par Administrator   
15-03-2008

 

 



 Analyse Financière


Analyse Financière A quoi sert une analyse financière? Quels sont les partenaires de l’entreprise qui pourraient être intéressés pour la mener? Comment doivent-ils s’y prendre? Telles sont les questions auxquelles nous allons essayer de répondre, l’objectif étant de présenter une méthode d’analyse financière appliquant des outils d’interprétation et d’analyse sur des données comptables sur lesquelles on aura auparavant appliqué quelques redressements.

A- POURQUOI MENER UNE ANALYSE FINANCIERE?

L’analyse financière a pour but de donner une idée sur l’état de santé financière de l’entreprise. En d’autres termes, de détecter chez l’entreprise analysée les points forts et les points faibles du point de vue financier et d’essayer de prendre une décision en conséquence. En somme, l’analyse financière a pour objet d’éclairer la décision. Plusieurs partenaires de l’entreprise sont concernés par l’analyse financière pour prendre la bonne décision : 􀂾 Les partenaires internes : L’actionnaire cherche à cerner la rentabilité et le risque, le dirigeant à mener une bonne gestion, et les salariés à, s’assurer de la pérennité de l’entreprise et d’une meilleure politique des salaires pour eux. 􀂾 Les partenaires externes: Le banquier cherche à apprécier la solvabilité, la liquidité et la structure de financement; le fournisseur à décider de sa politique de crédit vis-à-vis de l’entreprise, et l’état à tracer sa politique économique, etc.

Les partenaires de l’entreprise ont des préoccupations différentes et multiples. Pourtant, ils font appel à la même technique d’analyse financière pour éclairer leurs décisions. Cependant, les contraintes (objectifs) sur lesquelles ils vont insister seront différentes. Par exemple, si le banquier s’intéresse davantage à la solvabilité, la préoccupation première de l’actionnaire est la rentabilité. Ainsi, si l’imbrication de toutes les contraintes (objectifs) est certaine, leur hiérarchisation dépendra de l’analyste et de ses préoccupations. B- COMMENT MENER UNE ANALYSE FINANCIERE? Deux phases sont nécessaires pour mener à bien une analyse financière: Une phase de préparation et une phase d’analyse. 1. La phase de préparation : Elle concerne la collecte de l’information, les redressements à opérer sur les données comptables et leurs regroupements. Deux sources d’informations sont disponibles : 􀀹 Les informations internes qui regroupent les données comptables (bilan, CPC, l’inventaire des valeurs) et les données extracomptables (engagements hors bilan, tableau de répartition des bénéfices, rapport des commissaires aux comptes, rapport du conseil d’administration...). 􀀹 Les informations externes qui concernent toutes les études sectorielles ou sur la branche d’activité, les documents de presse...

Cette matière (informations internes et externes) une fois réunie sert de base d’application des différents outils d’analyse financière. Cependant, avant d’arriver à ce stade, il convient de faire subir aux données comptables un certain nombre de redressements. Les données comptables constituent la base d’informations pour les analystes financiers. Mais, ces données sont souvent entachées de considérations juridiques et fiscales que l’analyse doit écarter en procédant à leurs redressements. L’objet étant d’arriver à une information ayant une connotation purement financière. La première opération consiste à donner plus de visibilité aux données comptables en arrondissant les chiffres. En effet, l’analyse financière n’est pas un exercice de comptabilité; elle a moins besoin de précisions des chiffres que du respect des égalités (actif = passif ; crédit = débit) et proportions des rubriques des états financiers de synthèse. Au Maroc, la normalisation comptable a cherché à travers le PCGE à rapprocher le contenu et la présentation des documents comptables des objectifs de l’analyse financière, afin de réduire au maximum les retraitements extra comptables et de traduire la situation économique et financière réelle des entreprises.

L’architecture du bilan privilégie un agencement des masses du bilan selon leur fonction dans le cycle d’exploitation de l’entreprise. Au niveau de l’actif, le critère de liquidité est abandonné au profit d’un critère combiné Destination/Nature. Pour le passif, les postes ne sont pas classés selon leur degré d’exigibilité mais selon leur origine. (Présenter les contenus du bilan) Cette présentation vise à identifier l’origine des fonds et leur destination et vérifie si l’entreprise dégage des marges et une rentabilité suffisante tout en conservant les équilibres financiers fondamentaux. Par cette architecture, le PCGE cherche à mieux préparer l’analyse financière, à partir d’une structure fonctionnelle qui regroupe, en vue d’une utilisation plus facilitée, les postes du bilan. Quant au CPC, l’architecture du classement obéit à plusieurs critères successifs servant à l’analyse financière : 􀀹 Distinction entre opérations courantes et non courantes, 􀀹 Distinction par fonction, 􀀹 Distinction par nature, 􀀹 Distinction entre opérations de l’exercice et celles de l’exercice précédent.

Pour opérer son analyse, l’analyste financier, malgré toutes les informations financières offertes par le bilan fonctionnel fourni par les entreprises, doit présenter un bilan financier pour mettre en évidence le degré de liquidité des actifs et le degré d’exigibilité du passif en fonction du critère de durée. L’objet étant de vérifier si les emplois à long terme sont financés par des ressources de même durée et d’évaluer le risque de non liquidité. Pour ce faire, il doit opérer certains redressements sur les données comptables fournies. La première chose à prendre en considération dans le bilan financier est la valeur réelle des postes d’immobilisations. Or, le PCGE ayant imposé la valeur historique, il y a lieu donc d’opérer des réévaluations du poste des immobilisations. Il faut préciser que l’impact de cette réévaluation va apparaître davantage sur le volume du poste en question, mais, n’aura aucune incidence sur l’équilibre financier puisqu’on opère au niveau de l’Actif et du Passif. Les postes qui doivent faire l’objet de redressements sont, principalement, au nombre de trois : le résultat net de l’exercice, les immobilisations en non-valeur et les engagements de crédit-bail.

Pour ce qui est du résultat de l’exercice, nous savons qu’il ne peut avoir que deux destinations :

être distribué sous forme de dividendes aux actionnaires (propriétaires) ou gardé dans l’entreprise sous forme de réserves. Partant de là le montant du résultat sera affecté pour une part aux réserves (et viendra s’ajouter au montant des capitaux propres) et pour l’autre part aux dividendes à distribuer aux actionnaires (et viendra s’ajouter au montant des dettes à court terme de l’entreprise). Les immobilisations en non-valeur ne figurent dans l’actif du bilan que pour permettre à l’entreprise de les amortir sur plusieurs exercices. Cette situation inexacte en terme patrimonial (des charges inscrites parmi les « avoir » en Actif) demeure, cependant, nécessaire d’un point de vue comptable puisqu’elle permet de ne pas faire subir à un seul exercice des charges qui concernent plusieurs années de la vie de l’entreprise.

L’analyste financier dont la préoccupation est de donner une situation financière réelle, sans se soucier des préoccupations comptables, va donc rétablir la situation en éliminant, tout simplement, les non-valeurs du poste d’Actif. Pour maintenir l’équilibre entre l’Actif et le Passif, il diminuera le montant des capitaux propres du même montant.

Les engagements en crédit-bail sont le troisième poste qui doit subir des redressements. En effet, les engagements de crédit-bail matérialisent des immobilisations financées par leasing ; Ces immobilisations n’étant pas la propriété de l’entreprise, elles ne figurent pas dans le bilan parmi les éléments de son patrimoine, elles figurent parmi les éléments hors bilan. Dès lors que ces immobilisations participent à l’activité de l’entreprise et qu’elles sont sources de valeur, le financier doit les intégrer comme faisant partie des éléments de l’actif du bilan de l’entreprise. Ainsi, le montant des engagements de crédit-bail est-il ajouté à l’Actif Immobilisé. Pour maintenir l’équilibre entre l’Actif et le Passif, le montant du Financement Permanent est augmenté du même montant. (Présentation du bilan financier) Ce bilan peut être résumé par trois concepts importants : Fond de Roulement (FR) : qui se calcule par la différence entre Financement Permanent et Actif Immobilisé) ; Besoin en Fonds de Roulement (BFR) : qui se calcule par la différence entre Actif circulant et Passif Circulant ; Trésorerie (T) : qui se calcule par la différence entre les Disponibilités à l’Actif et Trésorerie Passif. A partir de Tout Bilan Financier équilibré, on peut tirer la relation algébrique suivante qui constitue ce qu’on pourrait appeler Bilan Résumé: Bilan Résumé : FR - BFR = T

 La phase d’analyse :

Toute analyse financière est faite dans un but bien déterminé: celui de prendre une décision. Le but nous dicte la méthode et les outils d’analyse à appliquer pour répondre à la question posée. Mais, il arrive que le but ne soit pas définit, il est recommandé de suivre l’approche suivante avant d’appliquer les outils d’analyse: Primo, procéder à l’examen de l’activité de l’entreprise à travers l’évolution de son chiffre d’affaires. Si le chiffre d’affaires augmente, on dira que l’entreprise est en croissance si le taux d’augmentation du CA est supérieur à celui de l’inflation. Dans le cas contraire, on dira qu’elle est en perte vitesse. Secondo, s’intéresser aux résultats de l’entreprise et faire la corrélation avec l’activité en vue d’évaluer ses performances. Tertio, analyser certains postes au niveau du CPC et du bilan et relever ceux qui ont connu les plus grandes variations dans le temps et ceux qui représentent le plus grand pourcentage dans le total du bilan ou du CPC. L’analyse de ces postes permet de localiser les problèmes de l’entreprise et c’est autour de ces problèmes que doit être bâtie l’analyse. Généralement, il est fait appel à deux outils que sont : la méthode des ratios et l’analyse des flux financiers.

a/ La Méthode des ratios Un ratio

est un rapport entre deux grandeurs déterminées ; par exemple, à la question : quelle est la rentabilité des capitaux propres? La réponse peut être donnée par le ratio: bénéfice net/Capitaux propres. A partir d’un bilan, par exemple, on peut calculer une multitude de ratios (1). Néanmoins, tous les ratios ne sont pas significatifs. Par exemple, bénéfice net/Actif Circulant est un ratio qui ne donne aucune information significative. En outre, à la même question peuvent répondre plusieurs ratios ; par exemple, à la question : quel est le degré d’autonomie financière de l’entreprise? La réponse peut être donnée par les deux ratios suivants: Total des dettes/Total du Passif ou Capitaux propres/Total du Passif, il n’est, donc, pas nécessaire de les calculer tous les deux, un seul suffit. Au niveau de l’analyse des ratios, Il y a lieu de calculer les ratios qui répondent à une question et éviter de calculer les ratios qui donnent les mêmes informations. De même au niveau de l’interprétation, il faut être très prudent, car sans normes, dans l’espace, (sectorielle, bancaire...) et dans le temps (évolution des ratios), l’interprétation devient difficile. Ces mises en garde étant faites, il nous reste maintenant à faire connaissance avec ces ratios. On distingue généralement quatre groupes de ratios : Ratios de Structure, Ratios d’Equilibre Financier, Ratios de Gestion et enfin les Ratios de Rentabilité.

Les ratios de structure du bilan donnent l’architecture globale de l’actif et du passif du bilan. Ils renseignent sur l’importance des différents postes de l’Actif en liaison avec le secteur d’activité de l’entreprise. Les Ratios de Structure de l’Actif donnent une idée sur l’Intensité Capitalistique de l’Actif. ACTIF DU BILAN RATIOS Actif Immobilisé (A.I) A.I / Total Actif Actif Circulant hors trésorerie (A.C,ht) A.C,ht) / Total Actif Trésorerie Actif (T.A) T.A 1 Total Actif Les Ratios de Structure du Passif renseignent sur la part des capitaux empruntés et des capitaux propres, d’une part, sur le niveau des capitaux étrangers à long et moyen terme et ceux à court terme, d’autre part. PASSIF DU BILAN RATIOS Financement Permanent (F.P) FP / Total Passif Passif Circulant hors trésorerie (P.C,ht) P.C,ht) 1 Total Passif Trésorerie Passif (T.P) T.P 1 Total Passif

D’autres ratios sont également calculés au niveau du passif du bilan dans le but d’éclairer l’analyste sur les aspects liés au financement, tel que le ratio d’autonomie financière à long terme : Capitaux Propres/Capitaux Permanents. D’après la norme bancaire, ce ratio doit être supérieur ou égal à 0,5. Dans le cas contraire, on dit que la capacité d’endet-tement à long terme l’entreprise est saturée. 􀂾 Les Ratios d’Equilibre Financier mettent en rapport les éléments de l’Actif du Bilan avec ceux du Passif. Traditionnellement, une entreprise est financièrement équilibrée lorsque à chaque emploi correspond une ressource financière de la même durée: Actif Immobilisé = Financement Permanent ; Actif Circulant hors trésorerie = Passif Circulant hors trésorerie ; Trésorerie Actif = Trésorerie Passif. Dans la réalité il est impossible de trouver cette configuration. Toute entreprise a besoin d’argent pour « tourner », elle a besoin d’un Fonds de Roulement (FR), donc d’une masse financière permanente qui servira au financement d’une partie des emplois à court terme. L’équilibre financier sera alors atteint lorsque l’entreprise arrivera à dégager, de ces ressources longues, une partie pour financer les emplois à court terme. Le FR se calcule par la différence entre le Financement Permanent et l’Actif Immobilisé.

Le Ratio du Fonds de Roulement se calcule par le rapport :

Financement Permanent/Actif Immobilisé. • Si ce Ratio est supérieur à 1 cela veut dire que le FR est positif. • S’il est inférieur à 1 cela signifie que le FR est négatif. • Tandis qu’un Ratio égal à 1 signifie que le FR est nul. . Généralement, les entreprises industrielles ont un FR positif. Mais, un FR négatif n’est pas signe d’un déséquilibre financier. En effet, le FR positif est nécessaire pour couvrir les besoins générés par l’exploitation courante. Mais, lorsque cette exploitation courante génère des excédents financiers, nul n’est besoin alors de disposer de fonds à long terme en dépassement des immobilisations ; le FR peut être négatif. C’est, souvent, le cas des entreprises qui évoluent dans le secteur de la construction qui obtiennent des avances avant le démarrage des travaux. C’est, également, le cas des grandes surfaces qui obtiennent des crédits fournisseurs substantiels et qui se font payer cash par leurs clients. En somme, pour avoir une idée sur l’équilibre financier d’une entreprise il est nécessaire de calculer le FR ou le ratio de FR. Mais pour se prononcer sur cet équilibre et l’interpréter il faut obligatoirement le comparer aux besoins en fonds de roulement.

D’autres ratios sont également nécessaires pour mesurer l’équilibre financier de l’entreprise :

Ratio de trésorerie générale: Actif Circulant / Passif Circulant Ratio de trésorerie relative: Actif Circulant ht / Passif Circulant Ratio de trésorerie immédiate: Trésorerie Actif / Passif Circulant Ces ratios renseignent sur la solvabilité et la liquidité de l’entreprise. A noter que les deux derniers ratios n’ont aucune signification dans l’absolu. Ils doivent permettre la comparaison dans le temps, (évolution du ratio pour la même entreprise) et dans l’espace (comparaison entre plusieurs entreprises). 􀂾 Le troisième groupe de Ratios, appelé Ratios de Gestion intègre outre les données bilancielles, les éléments relatifs à l’activité de l’entreprise. Ces ratios essayent de mesurer la vitesse de rotation des biens réels et financiers de l’entreprise. Plus la vitesse est grande, plus l’entreprise fait usage efficace de ses biens et en tire le maximum de rendement. A titre d’exemple, il est possible de mesurer le rendement que tire l’entreprise de l’ensemble de ses actifs par le Ratio suivant : Vitesse de rotation de l’actif: Chiffre d’affaires / Total Actif Vitesse de rotation des stocks: Chiffre d’affaires / Stock moyen D’un autre côté, concernant le volume des stocks il est admis qu’il a une liaison étroite avec le niveau de trésorerie. Un stock élevé et immobile entraîne une baisse de la liquidité de l’entreprise et augmente ses besoins de financement à long terme. La mesure de la vitesse de rotation des stocks est donc importante puisqu’elle détermine à la fois la solvabilité et le niveau du FR nécessaire. Il y a lieu, cependant, de distinguer le cas de l’entreprise commerciale de celui de l’entreprise industrielle. Dans les entreprises commerciales, la vitesse de rotation des stocks est mesurée par le Ratio CA / PRMV où PRMV (le prix de revient des marchandises vendues) = stock initial + achats – stock Final. Dans l’entreprise industrielle, on trouve plusieurs types de stocks : stock des matières premières, stock d’en cours, stock des produits finis. Dans ce cas, le calcul la vitesse de rotation doit concerner chaque catégorie de stock. Ainsi, la Vitesse de rotation du stock de matières premières : Achat Mat. Premières ht Stock Moyen Mat. Premières ht La Vitesse de rotation du stock des Produits Finis : Chiffres d’Affaires Stock Moyen Prod. Finis Un autre poste de l’Actif, élément composant du BFR de l’entreprise, est le compte « Client ». La vitesse de rotation de ce poste, qui est, en fait, le délai de crédit que l’entreprise accorde à ses clients, est mesurée par le ratio suivant : Créances de l’Actif Circulant et Comptes rattachés Chiffre d’Affaires Journalier Comme pour les stocks, plus ce ratio est élevé, plus forts sont les besoins en FR et plus faible est la trésorerie de l’entreprise. Le besoin en FR est néanmoins atténué par le crédit accordé par les fournisseurs qu’on peut mesurer par le ratio: Fournisseurs et comptes rattachés Achats journaliers 􀂾 Le quatrième groupe de Ratios s’attache à mesurer la performance de l’entreprise à travers un certain nombre d’indicateurs de Rentabilité. La rentabilité d’une entreprise se calcule par le rapport entre les résultats et les moyens mis en oeuvre pour atteindre ces résultats (Résultat/ Moyens). Dès lors, il est possible de calculer plusieurs ratios de rentabilité. Généralement, les ratios calculés ont trait à la rentabilité commerciale, économique et financière. Le ratio de rentabilité commerciale est mesuré par le rapport Bénéfice net/ CA.

Il mesure la marge commerciale de l’entreprise et donc sa capacité à vendre à un prix couvrant, le prix de revient et dégageant un résultat. Le ratio de rentabilité économique ou globale est mesuré par le rapport Bénéfice net / Actif total. Ce ratio est très significatif quant à la rentabilité de l’affaire dans sa globalité; il donne une idée sur les bénéfices produits compte tenu du volume des fonds (de toute origine) investis dans l’entreprise. Une mesure de la structure financière et/ou des impôts, est approchée au travers du ratio: EBE/Actif Total, où l’EBE (Excédent Brut d’Exploitation) se calcule de la manière suivante: EBE = Produits d’Exploitation encaissés - charges d’exploitation réellement décaissées; ou encore EBE = + Dotations aux Amortissements ou aux provisions (longues) + Frais Financiers à long terme. + Impôts sur les sociétés + Résultat net. Qu’il soit calculé par différence ou de façon algébrique l’EBE donne une très bonne indication sur la capacité de l’activité normale de l’entreprise à générer des richesses. Ce surplus rapporté à l’Actif Total utilisé mesure donc la rentabilité de l’activité courante de l’entreprise.

Quant au Ratio de Rentabilité Financière, il est calculé par le rapport Bénéfice net / Capitaux. Ainsi le Ratio de Rentabilité Financière des Financements Permanents est donné par le rapport : Bénéfice net/Financements Permanents; tandis que le ratio de Rentabilité Financière des capitaux propres est donné par le rapport: Bénéfice net/Capitaux Propres. L’objectif de la fonction financière (et de la théorie financière) est de maximiser la richesse des actionnaires. Exprimé sous forme de ratio, cet objectif peut être: maximiser le Ratio Bénéfice net/Capitaux propres. Ce Ratio peut être décomposé de la manière suivante: Bénéfice net / Capitaux propres = Bénéfice net / CA x CA / Actif Total x Passif Total / Capitaux Propres Dès lors, toute amélioration de la rentabilité financière des Capitaux Propres passe par: 􀀹 Une augmentation de l’activité de l’entreprise et surtout une amélioration de sa marge commerciale (politique commerciale). 􀀹 Une grande rotation de l’actif de l’entreprise partant de l’idée que plus l’actif « Tourne » plus il génère de richesse (politique d’investissement).

Une utilisatio « intelligente » des fonds empruntés, respectant en cela le principe selon lequel la rentabilité réelle d’un investissement doit être supérieure ou au moins égale au taux d’intérêt après impôt des capitaux étrangers (politique de financement). Une politique commerciale agressive, une politique d’investissement cohérente et une politique de financement prudente sont les trois piliers de la rentabilité financière des Capitaux Propres et de la performance de l’entreprise de manière générale. Arrivé à ce stade de l’analyse financière, l’analyste doit être à même d’avoir une idée précise sur les différents aspects de la gestion de l’entreprise durant les années objet de l’étude. Il reste que l’approche par ratio utilisée demeure statique puisqu’elle se base sur des états financiers de synthèse eux-mêmes donnant une « photographie » de l’entreprise, dans ses aspects financiers, à un moment donné. b/ Analyse des flux financiers Pour saisir les décisions financières prises durant chaque exercice et qui ont une influence certaine sur les modifications patrimoniales et de résultats de l’entreprise, une autre méthode d’approche est utilisée. Il s’agit de la méthode « d’analyse des flux financiers ».

Cette approche dynamique de l’analyse se fait à travers les flux financiers saisis par comparaison entre les états de deux périodes données, au moins. La saisie de ces flux n’est pas toujours aisée. Des outils contribuent à le faire, notamment, le Tableau d’Emplois/Ressources (TER). Le Tableau d’Emplois / Ressources, appelé également Tableau de Financement, est un tableau qui retrace les mouvements de la structure patrimoniale de l’entreprise et ses modifications. Il permet d’identifier les décisions financières qui ont permis de passer d’une situation patrimoniale à une autre. Il est élaboré à partir de deux bilans financiers au moins et des comptes de résultat où seront saisies les ressources nouvelles dont l’entreprise à disposé au cours d’une période et l’emploi qu’elle en a fait, d’où le nom de Tableau d’Emplois / Ressources.

1 -Variation des postes d’Actif et de Passif:

 
Le bilan qui fournit une photographie de l’entreprise à un moment donné, ne permet pas l’analyse des mouvements financiers. Les soldes enregistrés n’expriment que le montant des « stocks » à un moment donné, et non les mouvements. A partir de deux bilans en t et t+ 1, il est possible de reconstituer partiellement les mouvements financiers de la période (t, t+ 1). Chaque variation de poste est classée en Emploi si elle a entraîné une sortie monétaire, ou en Ressources si elle a entraîné une entrée monétaire.

En règle générale, toute augmentation d’un poste d’Actif (ou diminution d’un poste de Passif) est un Emploi, et toute augmentation d’un poste de Passif (ou diminution d’un poste d’Actif) est une Ressource. Le tableau des Emplois / Ressources est toujours équilibré, la somme des Emplois étant égale à la somme des Ressources. Les variations positives de l’Actif correspondent à des Investissements, à des acquisitions ou à des créations de biens physiques et financiers. Les variations négatives de l’Actif correspondent à des cessions d’Actif ou à un échange de biens contre de la monnaie ou des créances, c’est à dire des Ressources. Les variations positives du Passif correspondant à des apports de fonds (Augmentation de Capital, Emprunt,...) ou à la constatation d’une dette (crédit Fournisseur,...), c'est-à-dire, à des Ressources. Les variations négatives du Passif correspondent à des remboursements de dettes et donc à des sorties monétaires, c’est à dire à des Emplois. La construction du Tableau des Flux Financiers nécessite donc des informations complémentaires sur les mouvements d’immobilisations, les dettes, les dotations aux amortissements, etc.

2-L’intégration d’informations complémentaires:
Ces informations concernent trois volets touchant à l’investissement, l’Autofinancement et les Dettes. 21
􀂃 L’Autofinancement: qui peut être calculé en ajoutant aux dotations aux amortissements, le bénéfice non distribué et les provisions ayant un caractère de réserve. 􀂃 L’Investissement: que l’on peut déterminer en ajoutant aux dotations pour amortissements les variations des Immobilisations nettes. 􀂃 Les Dettes à Long et Moyen Terme pour lesquelles nous devons disposer d’informations relatives au nouvel emprunt contracté, ou au remboursement effectué durant la période. Ces trois notions financières ne peuvent être calculées directement par simple variation des postes du bilan. Leur importance est telle qu’elles cristallisent la politique d’Investissement et de financement à long terme de l’entreprise. .Elles dénotent en fait de la stratégie financière à long terme mise en oeuvre par l’entreprise. La présentation du tableau de financement, une fois ces notions calculées, se trouve facilitée. Comme il a été précisé, précédemment, tout bilan peut être résumé par l’égalité suivante: FR - BFR = T. On peut déduire de cette égalité que la variation de deux bilans peut être résumée par: Var. du FR – Var. du BFR = Var. de T

L’analyse des flux financiers consiste donc, au travers d’un tableau d’emplois et de ressources à mettre en évidence trois niveaux de flux financiers: 􀂃 Les flux à long terme ou encore de Fonds de Roulement (Var. du FR), 􀂃 Les flux d’Exploitation liés au cycle d’exploitation (Var. du BFR), 􀂃 Les flux de Trésorerie (Var. de T). Dès lors, la présentation standard du tableau d’Emplois et de Ressources peut être ainsi schématisée : Au niveau de l’interprétation, le tableau d’Emplois / Ressources permet d’analyser la politique d’investissement et de financement à long terme de l’entreprise et les répercussions de ces deux décisions sur le niveau de l’équilibre financier à long terme. Au travers les autres éléments de l’exploitation et de la trésorerie, le tableau indique, en fin de compte, si l’équilibre financier global de l’entreprise a été maintenu, renforcé ou s’est, au contraire, détérioré.

Conclusion :

Lorsqu’on veut entamer une analyse financière il ne faut pas perdre de vue que l’entreprise n’est pas un sujet isolé et qu’elle est partie prenante dans un environnement qui la façonne et auquel elle doit s’adapter. De même qu’il faut vérifier si les comptes ou postes utilisés respectent une certaine homogénéité dans le temps, sans quoi il faudra procéder à des corrections. L’utilisation des ratios doit se faire en fonction du type de problème de l’entreprise, il en est de même du tableau d’Emplois / Ressources. Enfin, l’analyste doit toujours garder à l’esprit qu’il fait un travail qui demande une certaine cohérence dans les idées, une certaine logique et qu’il est avant tout un relativiste.

(1)PRINCIPAUX RATIOS UTILISES

1- RATIOS DE STRUCTURE FINANCIERE SIGNIFICATION:

Fonds de Roulement Net Actifs circulants Pourcentage des actifs circulants couverts par le F.R.N Fonds de Roulement Net Chiffres d’affaires T.T.C. Part du Chiffre d’Affaires financée perpétuellement par l’entreprise: emploi immobilisé Fournisseurs + Comptes rattachés x 3 60 Achats T.T.C. Crédit moyen accordé par les Fournisseurs (en jours) Matières ½ (stock Init. + Stock Final) x 360 premières l’Achats HT. Délai moyen d’utilisation des Matières Premières En cours ½ (Stock Init. + Stock Final) x360 Première + ½ frais de fabrication Délai moyen de fabrication Pr. Finis ½(stocklnit. + Stock Final) x 3 60 Ventes H.T.- résultat d’exploitation Clients +effets à recevoir x 360 VentesTT.C. Délai moyen de commercialisation Crédit moyen accordé aux Clients. Structure Actifs circulants Dettes à Court Terme Réalisable + disponible Dettes à court terme Ratio de liquidité générale. Ratio de liquidité réduite

Capitaux Propres Capitaux Permanents ou Capitaux Propres Capitaux Empruntés Capitaux Permanents Immobilisations nettes Valeurs immobilisées Total Actif Capacité d’endettement à long et moyen terme Ratio de financement des immobilisations par les ressources permanentes Degré de mobilité de l’Actif (ou de liquidité) 2- RATIOS DE GESTION Rotation des Capitaux propres Rotation des Capitaux permanents Gestion SIGNIFICATION Valeur Ajoutée Production Taux de Valeur Ajoutée à compléter par Valeur Ajoutée & Production Effectifs Effectifs Valeur Ajoutée (productivité) et production par tête. Frais de personnel Valeur Ajoutée Dot aux Amortissements Valeur Ajoutée Dot aux Amortissements Immobilisations brutes Chiffre d’Affaires H.T Immobilisations brutes La part des frais de personnel dans la valeur ajoutée. La part de la VA consacrée au renouvellement du matériel Rotation des immobilisations

3- RENTABILITE

Cash flow brut Chiffre d’Affaires H.T Marge brute d’autofinancement Chiffre d’Affaires H.T Bénéfice d’Exploitation Chiffre d’Affaires H.T Bénéfice Net Capitaux propres Dividendes Capitaux Social Rentabilité économique maximale de l’entreprise, abstraction faite de la structure financière et de l’environnement fiscal. Rentabilité économique maximale Marge d’exploitation Rentabilité financière. Rentabilité nette du Capital. 4- FINANCEMENT ET PERSPECTIVES D’AVENIR Amortis. +Prov.P. Pertes et charges ayant un objet réel M.B.A Ratio de maintien Amortis. +Prov.P. Pertes et charges ayant un objet réel M.B.A Ratio de croissance Bénéfice distribué M.B.A Ratio de distribution.

 
Nadiya
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Écrit par Administrator   
22-02-2008

Après un succès incontournable, Nâdiya revient avec son nouvel album « La Source ». Sous cette appellation élégante repose le fruit d’une pérégrination intellectuelle, l’album le plus intimiste que Nâdiya ait pu nous donner. Un retour sous le signe de la sincérité, les paroles de « vivre ou survivre », « comment oublier »ou « corrida » illustrant cette confession et cet amour inconditionnel pour la vie et ses valeurs.
Nadiya

Nâdiya, bonjour. Avant de revenir avec votre tout nouvel album « La Source » ; vous avez eu besoin de disparaître un peu.
[Nadiya] Oui, pour la simple raison que je n’ai cessé d’enchaîner les titres, les albums et qu’au bout d’un moment, j’ai eu besoin de me retrouver tout simplement. Depuis 2002, j’ai sorti l’album « 16/9ème » puis j’ai enchaîné avec l’album « Nâdiya ». On a eu beaucoup de chance et beaucoup de succès et c’est vrai que pour avoir le recul sur ce que vous faites, en tout cas ce que moi, je me donne comme ligne de conduite tout le temps, c’est de me dire tant que je suis dans la transmission, je suis dans l’harmonisation de moi et donc je donne d’autant plus que quand je sais ce que je donne. A un moment donné, quand vous enchaînez les tubes, les tournages, les enregistrements ; il y a un moment où vous ne savez plus trop. C’est pour ça que j’ai décidé de prendre ce recul nécessaire pour pouvoir rester en ancrage sur moi-même et pour pouvoir toujours donner le maximum aux gens.

J’ai lu que vous aviez fait un voyage sur la terre de vos parents et que vous vous étiez rapprochée de la spiritualité.
Oui, car c’était nécessaire pour moi de revenir à la source. La source, ça veut dire plein de choses : c’est les racines, l’ancrage dans qui vous êtes vraiment. Il y a donc les ancêtres, les grands‐parents, les odeurs. Le fait de retourner en Algérie, ça m’a permis de vraiment savoir qui j’étais. La source, c’est aussi l’eau et l’eau pour moi c’est une énergie pure avec laquelle on se lave de plein de choses. L’eau, c’est quelque chose qui bouge. Pendant ces 12 mois de repli, j’ai eu le temps de voir les choses et de pouvoir être amenée dans ce que je sais que je peux donner.

Le 4ème album est là ; il s’appelle « La source ». D’une façon générale d’abord, vous avez mis quoi dans ce nouveau bébé ?
Dans cette 4ème plongée, je dirais, j’y ai mis mes souffrances dans un premier temps puisque j’airais pu me reconstruire avec des choses qui me paraissaient importantes à dire. Là, j’avais envie que ce soit un vrai exutoire sur moi‐même. « Vivre ou survivre » est une chanson qui permet de ressentir les limites de chacun ; en l’occurrence dans cette chanson ce sont mes propres limites. Donc je touche le fond, je le dis très bien dans mon slam, on a tous le choix d’aller vers le haut ou de continuer vers le bas. Pour avoir vécu ce sentiment, j’avais envie de transmettre ça aux gens. Je connais la cible des gens qui achètent mes albums ; ce sont les jeunes. Et c’est important qu’ils sentent que la personne qui a l’habitude d’être dans l’énergie, dans la force, peut se retrouver dans une très grande fragilité. D’ailleurs, j’ai des retours et témoignages assez forts de certains jeunes. J’ai des messages très poignants de nanas qui ont perdu un pote parce qu’il s’est suicidé. Quand ils ont eu le clip qui vient de sortir en avant première, ça a eu un impact tout de suite sur les jeunes. Je voulais dire que n’importe qui peut avoir ce sentiment de mal‐être, mais peut continuer à vivre surtout quand on est artiste et se dire qu’on peut s’en sortir. J’ai eu envie de transmettre ça. Après, j’ai voulu parler du 11 septembre en faisant allusion au sentiment de perdre quelqu’un ; d’un seul coup on subit une situation donnée et là on ne peut rien faire et perd tout en une minute. Je parle aussi du sentiment de pardon ; comment on peut pardonner un tel acte. Voilà, je commence l’album comme ça. J’ai eu envie de remanier Cheyennes parce que je parle de ma force car elle est indissociable de ce qui peut être fragile. On est fort parce qu’on est très fragile. Pour ma part, c’est cette carapace qu’on se doit d’avoir pour ne pas tomber. Je l’ai amené dans un contexte de son très planant, assez agréable pour pallier la force et la profondeur des choses. Après il y a « Corrida » parce qu’il a aussi mes origines, le côté oriental. C’est un flamenco mais j’avais envie de transposer l’histoire du taureau et du matador qui est une histoire de passion, d’amour avec les histoires de couples qui ont ce rapport force et fragilité avec cette notion de sacrifice. C’est pour ça que je l’ai écrit comme ça. Pour moi, le taureau n’est pas dans la force, il est au contraire très fragile. Dans les histoires hommes/femmes, il y a souvent ce rapport de force quand on parle d’histoires fusionnelles.

Il y a une très jolie chanson….
Oui, « A mon père ». Je rends hommage à mon papa. Issue d’une culture orientale, le rapport avec le père est un rapport de respect, de pudeur et souvent de non‐dit. J’avais envie de dire à mon papa que, même s’il ne l’avait pas dit, qu’il avait réussi son rôle de papa. Quand j’ai rencontré Idir, j’ai vu tout en lui mon père et d’ailleurs je dis de lui que c’est mon père spirituel, c’est un homme extraordinaire. Il est juste, il a une profondeur d’âme incroyable et parle justement. Il ne m’a pas vue beaucoup mais il me dit qu’il a ressenti beaucoup de choses tout de suite. De plus, il a ce pouvoir des mots ; il est pour moi un poète des années 2000. Il est juste ce qui fallait pour pouvoir faire cette chanson de manière simple et ludique.

Vous nous parliez toute à l’heure de chansons qu’on retrouvait déjà sur d’autres albums, elles sont amenées d’une façon plus scénique. On sent que ça arrive.
Je voulais donner aux versions que les fans connaissent un autre aspect orienté vers la scène. Cet album va être le trampoline qui va me permettre d’aller sur scène. A travers ces versions extended, de « C’est parti », de « Si loin de vous », « Parle‐moi », je voulais amener les gens vers l’imagerie, vers quelque chose d’assez scénique.

Pourquoi il n’y a pas eu de scène avant, vous ne le sentiez pas ?
S’il n’y a pas eu de scène avant, c’est parce qu’on n’avait pas l’équipe nécessaire pour pouvoir amener l’imagerie et être à la hauteur du niveau des chansons qu’on a donné aux gens et distribué grâce aux disques. Il a fallu du temps pour monter cette équipe, il a eu des moments avortés puisqu’on a mis en place des salles. On s’est aperçu à ce moment là qu’on n’était pas prêt. Aujourd’hui, on est prêt car on a une équipe artistique solide, viable. J’ai la chance de pouvoir faire cette tournée avec Les Farfadés qui représentent le cirque moderne par excellence. Je voulais aussi rendre hommage sur scène à tout ce qui touche au monde du spectacle. Le cirque est l’origine de ce que sont les artistes aujourd’hui. De plus, ils savent tout faire et ils sont rentrés très facilement dans mon univers, en termes de mise en scène entre autre. Ils vont faire de très belles choses.

Cette tournée va être féerique, il y aura beaucoup d’images, c’est aussi une envie de faire appel à un public large : autant les enfants, les jeunes que les parents. Finalement, tout le monde va s’y retrouver.
Oui, car en fait, quand j’étais plus jeune, je ne pouvais pas aller à tous les styles de spectacle car ils étaient très chers. Pour moi, aller voir un artiste, c’est aller voir un spectacle fait pour les familles. C’est important pour moi. D’ailleurs, je le dis très bien dans la chanson ’ Au coeur de la rue’, je n’oublie pas d’où je viens et c’est une façon de pouvoir donner accès à cette source de gens qui n’ont pas forcément les moyens de se payer ce genre de spectacle. Je veux leurs montrer que la musique n’est pas un luxe mais une nécessité. On a besoin de la musique pour continuer à vivre simplement et il ne faut pas que ça devienne un luxe.

Comment vivez‐vous l’approche de la tournée ? Vous avez envie d’y être ?
Je suis très pressée d’y être. D’ailleurs quand je suis montée sur scène en répétition il y a quelques jours, j’étais pressée. J’ai eu une petite expérience en faisant une tournée de 20 dates il y a un an et demi et pour moi, ma place est uniquement là. Si je ne pouvais faire que ça sans faire de disque, ce serait mortel, ce serait super. Aujourd’hui, le processus est qu’on fait de chansons, des disques pour les gens et ensuite on monte sur scène. Sur scène, j’ai un sentiment particulier : je me sens Moi. Même si j’ai mal à la tête, d’un seul coup, je me sens portée par un truc super fort qui est en fait l’énergie des autres.

Vous parliez des chansons qu’il faut faire pour faire une tournée, il y a les clips aussi. Vous arrivez avec le dernier clip « Vivre ou Survivre » ; c’est à nouveau un clip avec un grand C. Nâdiya , vous faites des clips énormes.
Ils sont à la hauteur de ce que j’ai dans la tête et c’est comme ça que je conçois ma musique. Avant même de penser à l’image, quand on pense au son, à l’harmonie et à la mélodie, on se plonge dans un univers d’images. Forcément, l’image ne peut pas être en décalé avec le son. Quand on a eu l’idée de faire ce clip, on s’est que ça allait être la mission parce que partir une semaine avec les sacs à dos en montagne, avec une équipe très réduite ; c’était vivre ou survivre dans le vrai sens du terme. Et ce clip est en harmonie avec ce que je dis dans ma chanson. Il n’y a pas un moment où je ne suis pas en corrélation avec une séquence, une image, un regard. On est parti, on est allé dormir dans des gîtes, on a rencontré un gars Pilou, qui a monté des cabanes et qui avait vécu 5 ans dans la forêt et il en a survécu. Il était très marqué mais il nous a plongés dans le vif du sujet. En le voyant, j’avais en face de moi le miroir de ce que je voulais être et il était libre. Et quand j’ai fait cette chanson, on se sent prisonnier de plein de trucs. En même temps quand on est fait d’une certaine manière, je suis quelqu’un qu’on ne peut pas influencer facilement voir pas du tout ; ça a un prix. C’est pour ça que je me bas pour ma liberté, c’est une vraie raison de vivre. Certains disent que c’est suicidaire ; mais ils ont le choix. Pour moi, c’est tout ou rien et c’est tout moi. Je ne suis pas dans le compromis. En faisant ce clip, j’ai rencontré des gens sur place qui n’étaient pas inscrits dans le hasard des choses. Ils étaient dans le scénario et c’est pour ça que je crois très fort en cette chanson. Elle impactera au fur et à mesure, sur le long terme. Je n’ai pas fait cet album pour revenir et faire un coup ; et je remercie les gens qui me suivent et c’est pour ça qu’on retrouve les chansons que tout le monde connaît. Je dis aussi que la tournée sera comme ça car le plus important sont ces nouvelles chansons. C’est l’avenir ; ici, maintenant et après.

 

Source  http://www.150db.com/interview/205-nadiya.html 

 

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